Quelques notes sur la joie

           En ce moment, je relis le Journal d’un curé de campagne de G. Bernanos. J’avais oublié le côté sublime et si profond de ce livre, je dois l’avouer, et cette relecture me le fait goûter et même savourer. Une chose que je n’avais pas oubliée, c’était une phrase, une phrase qui m’avait servie pour des disserts à l’époque où j’étais encore en prépa scientifique.
 
"Le contraire d’un peuple chrétien, c’est un peuple triste"
 
             En la relisant, cela m’a fait un petit quelque chose au coeur, surtout en ce dimanche de Gaudete où la joie doit particulièrement régner en nos coeurs, où même le violet liturgique de la pénitence, de la conversion, peut s’éclaircir en un rose annonçant l’aurore qui déjà se lève : plus qu’une semaine avant Noël !
 
             Cette notion de joie est importante pour moi : vous pouvez d’ailleurs le constater au vu du nombre de posts ou de citations consacrés à ce thème sur ce blog ! Mais, il ne faut pas cesser de cheminer… Et là deux écueils principaux nous guettent. D’un côté, celui de la tristesse, celui qui nous pousse à voir le monde en noir et, au fil des jours, à tout critiquer, à médire sans cesse, bref, à devenir des êtres aigris, rabougris et renfermés sur soi-même. De l’autre côté, celui de la joie béate, du grand sourire qui n’a pour source qu’une sensibilité plus ou moins exacerbée face à un événement et celui de l’optimisme à tout va. Je me permets ici de citer encore une fois Bernanos qui y va fort : "L’optimisme est une fausse espérance à l’usage des lâches et des imbéciles."
 
              Je crois que la joie relève plutôt d’un chemin, d’un choix et même d’un combat à mener. Elle n’est jamais acquise et elle est plus dure à vivre que la tristesse d’âme, quoi qu’en puissent dire certains désespérés : "oh, mais vous, vous n’avez pas de problèmes !". Le chrétien, comme n’importe quel autre être humain, aura ses soucis, ses problèmes, pas forcément très amusants. Mais, parce qu’au coeur même de ses soucis, il saura qu’il y a là Quelqu’un, toujours avec lui, il pourra garder son intérieur profond dans la joie. Et cette joie, si elle est vraiment signe d’une rencontre, saura peu à peu rayonner sur le reste de son existence, non plus comme quelque chose venant de l’extérieur, mais comme quelque chose d’intérieur. Alors le sourire rayonnera. 
 
             Vraiment, la phrase de Claudel que j’avais citée ici-même il y a quelques temps me touche : "Le joie est l’état normal du chrétien : elle est le signe que la vie a réussi." Puissante et néanmoins terrible phrase !
 
             Excusez l’indigence de ces quelques notes : il y aurait tant et tant à dire ! Mais le devoir m’appelle : une grande semaine chargée de contrôles divers (à vivre dans la joie, bien sûr !) et avant tout…. mon lit !
 
 
Isapdlg, 18 décembre 2006
 
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